Et je pèse mes mots...

Chronique d’une mort annoncée


La pensée du jour
« Je vais prévenir mon amie Plácida. C’est pas juste que tout le monde soit au courant qu’on va lui tuer son fils et qu’elle est la seule à pas le savoir. »
Extrait du film “chronique d’une mort annoncée » de Francesco Rosi
tiré d’un roman de Gabriel García Márquez

L’humeur du jour
On ne s’habitue pas.
Je ne m’habitue pas.
Pourtant, depuis septembre 2001, depuis l’effondrement des tours, depuis la mort en direct de milliers de personnes, en passant par 2015 et les mises à mort qui ont tristement bordé l’année de leur violence, les mots attentats, décapitation, égorgé, couteaux sont venus rythmer les infos et nos vies.

La mort de Samuel Paty, enseignant, assassiné à la sortie de ses cours, nous plonge tous depuis deux jours dans une sorte de colère sidérée. Un rassemblement est évidemment prévu cet après-midi, exutoire express des temps modernes où marches blanches et allumages de bougies permettent au plus grand nombre de se rassembler.
De communier.
Croyants ou athées.
A l’émotion (légitime) succèderont sans tarder les gloses et verbiages, les « partages si tu oses » en guise de rébellion des anonymes des réseaux dits sociaux jusqu’à l’écœurement.
Ou jusqu’à la prochaine victime.

Contrairement au Père Hamel, à Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, à Arnaud Beltrame, contrairement aux anonymes de la Promenade des Anglais ou de la gare Saint Charles, de la préfecture de police ou de Villejuif, cette fois, juste cette fois, on a la sensation coupable que ce drame presque en direct aurait pu être évité.

Car si pour beaucoup, à commencer par les médias et les politiques et probablement ses collègues, Samuel Paty va devenir un symbole, il a d’abord pour beaucoup trop d’autres été un objet de conversations. Un problème à régler. Un sujet partagé en ligne par des bien pensants, qui s’estiment mieux pensants mais ne sont que malfaisants.

Nombreux sont ceux qui portent une part de responsabilité dans cette mort annoncée, de ceux qui ont partagé les vidéos du père indigné ou de l’imam récupérateur à ceux de son entourage professionnel qui sont restés sourds à ses inquiétudes.

On peut le pleurer aujourd’hui.
On peut faire de lui un symbole.
Samuel Paty n’aspirait sans doute qu’à rester un homme, un prof, un mari, un père.
Vivant et libre.
Libre et vivant.

Le cadeau du jour
Pas mieux.

Une réflexion au sujet de « Chronique d’une mort annoncée »

  1. C’est toujours dramatique et stupéfiant, les seuls responsables dans cette nouvelle catastrophe sont uniquement les réseaux sociaux anti social, ne véhiculant que de la violence, des idées idiotes sans fondement, c’est bien plus facile de chauffer des esprits sans cerveau totalement incultes et stupides via le tout petit écran. Quand je pense à mon enfance où nous étions élevés entre personnes de toutes les confessions, arabes, juifs, espagnols, français, portugais et j’en passe, jamais mais alors jamais aucun sujet n’est venu assombrir un voisinage lié et uni. Mais où es donc l’éducation d’avant ?

Chic ! Un message :)

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