Et je pèse mes mots...

On est bien peu de choses


La pensée du jour
La solitude ça n’existe pas
Chez moi il n’y a plus que moi
Et pourtant ça ne me fait pas peur
La radio, la télé sont là
Pour me donner le temps et l’heure.
Gilbert Bécaud (vendeur de rêve)

L’humeur du jour
A mon retour de voyage express, un courrier bordé de gris m’attendait au bureau. Le 4ème depuis mi-novembre.
A force, le seul suspense est le nom du défunt, pour le reste, il n’y a pas de doute.

Cette fois, il s’agit de N, une dame âgée d’un peu moins de 80 ans, décédée, d’après le faire-part, depuis début décembre.
Je la savais « vieille demoiselle » et à travers ses confidences je l’imaginais fille unique, bien seule depuis le décès de sa mère centenaire, avec une vie sociale limitée mais existante.
J’ai donc appelé les pompes funèbres dont les coordonnées apparaissaient sur le faire-part pour laisser mon nom à la personne qui leur avait demandé de m’informer.

Quelques jours passent. Je reçois l’appel d’une femme dont la voix est la jumelle de celle de la défunte.
Sa sœur .
Enfin, une de ses sœurs.
Je lui présente mes condoléances et lui exprime ma surprise à la lecture du faire part : le décès datait du 7 décembre, et j’avais vu N en pleine forme le 22 novembre. Elle se méprend sur ma remarque et commence à justifier le décalage entre la date de la mort et celle de l’envoi des faire-parts : sa sœur vivait seule et bien que morte « vers » le 7 décembre, « on » ne s’en était rendu compte que tardivement.
Qu’elle n’ait pas souffert et soit morte « paisiblement durant son sommeil » n’exclue pas l’indicible solitude quotidienne qui avait dû être la sienne pour rester morte 3 semaines avant que sa famille – ou que quelqu’un – ne s’en rende compte. Je me suis demandé si elle avait manqué à quelqu’un ou si le calendrier festif avait hâté la découverte.

Encouragée par un anonymat relatif, sa sœur m’apprit les détails du journal intime de la défunte, qu’elle aurait mieux fait de ne pas lire. A l’entendre, son le contenu justifiait la solitude, l’éloignement de la famille. C’est qu’“elle” n’était pas facile ! J’eus toutes les peines du monde à la rasséréner, faisant très attention à ne pas dire que jamais sa sœur n’avait mentionné qu’elle était issue d’une fratrie, par exemple.

20 minutes de conversation pour entendre des secrets de famille qu’un face à face n’aurait jamais permis.
Le téléphone, dans mon métier, peut se révéler impudique et me rendre dépositaire de mal êtres qui ne m’appartiennent pas.

Le cadeau du jour
hummm, sacrée soirée !
solitude

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4 réflexions au sujet de « On est bien peu de choses »

Chic ! Un message :)

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