Et je pèse mes mots...

IVG : La détresse en question


La pensée du jour
Parce qu’en face d’une femme décidée à interrompre sa grossesse, ils savent qu’en refusant leur conseil et leur soutien ils la rejettent dans la solitude et l’angoisse d’un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais. Ils savent que la même femme, si elle a de l’argent, si elle sait s’informer, se rendra dans un pays voisin ou même en France dans certaines cliniques et pourra, sans encourir aucun risque ni aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse. Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus inconscientes. Elles sont 300 000 chaque année. Ce sont celles que nous côtoyons chaque jour et dont nous ignorons la plupart du temps la détresse et les drames.
C’est à ce désordre qu’il faut mettre fin. C’est cette injustice qu’il convient de faire cesser.

Simone Veil – 1974

L’humeur du jour
L’amendement de la Loi sur l’IVG entraîne des manifs et des palabres sur la nécessité dudit amendement – il s’agit d’enlever la notion de détresse dans le texte de Loi, permettant ainsi à toute femme d’y recourir sans justifier de la détresse en question.

Parmi les manifestants, concours de mauvaise foi masculine “les femmes avortent mais après c’est nous, les associations catholiques qui les récupérons en détresse psychologique » ou féminine « y’en a qui avortent comme on prend de l’aspirine ».
Tout le monde a un point de vue sur la question. Principalement un point de vue théorique et probablement éloigné d’une quelconque expérience. Chaque grossesse est toujours le résultat d’un moment intime et particulier. Difficile d’avoir une vision globale de ce qui est un accident, un souhait, un drame ou la joie d’une vie…
Toute grossesse n’est pas le résultat d’un esprit léger, oublieux ou ignorant– et quand bien même, faut il infliger la vie à un enfant au sein d’un foyer où il côtoiera une tripotée de (demi) frères et sœurs aussi accidentels que lui pour cause de manque « d’éducation sexuelle » dans le cursus de ses parents ? Il existe encore aujourd’hui des multi-mamans de 18 ans déjà dépassées et encore vulnérables…
Un préso qui craque, un oubli de pilule, un stérilet qui bouge ne devrait pas nécessairement résulter en un être humain. Tout acte sexuel n’a pas pour finalité la procréation – ou alors, toute éjaculation hors corps est un génocide…

Pour défendre ce droit, moi, la foulophobe, je me sens prête à descendre dans la rue, alors que je suis la première à dire que l’avortement n’est pas et ne saurait jamais être une méthode de contraception.

Mon avis sur la question est simple. L’IVG doit rester un choix intime et ce qui pourrait en être la raison motivante est la réponse à une simple question : quelle famille vais-je donner à cet enfant ?
Oui. La même question qu’on se pose en tant qu’adoptant…

Le cadeau du jour
Ne jamais régresser, on vient déjà (lentement) de bien loin
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14 réflexions au sujet de « IVG : La détresse en question »

  1. J’ai avorté parce que c’était une rencontre d’un soir et que le préservatif est resté là où il ne fallait pas.
    J’ai eu la CHANCE de le faire avec des médicaments (la pilule du lendemain n’a pas marché)
    Je suis heureuse de ne pas avoir eu à supplier car quelle famille aurais-je pu donner à ce bébé? je lui aurais dit quoi ? « c’était une aventure, il me plaisait mais entre son micro pénis et son érection molle tu es né »
    Oui, ce type était mignon mais après plusieurs rendez-vous, on avait pas grand chose à se raconter
    bonjour la vie de famille…
    et je ne suis pas allée pleurer après, je ne pense pas que j’avais le choix : on ne fait pas un enfant comme ça.
    et puis par contre, le type au labo qui me dit « quand même vous auriez pu faire attention »… bien sûr, j’étais seule.
    heureuse de ne pas avoir à aller en Angleterre ou en Espagne pour me faire tricoter le ventre en tous cas.

  2. il faut rester vigilantes. ce droit est un choix que les femmes doivent continuer d’avoir. s’il le fallait, je descendrai dans la rue également.

  3. Surtout que quand on lit cette chronologie, il y a des incohérences. Il y a certaines femmes qui sont contre l’avortement et du coup elles adhèreraient à des visions obscurantistes telles que ‘exercer une profession sans le consentement de son mari » … hum hum
    De plus, le tweet utilise la ‘Loi de Godwin’, quel bel argument (d’autorité) !
    Surtout qu’on parle d’un choix si intime …

  4. Dans les années précédant la loi Veil, j’ai milité, pour la légalisation de l’avortement. Nous étions une dizaine, femmes et hommes à accompagner des femmes dans leur parcours, à les écouter, surtout les écouter au moment de leur décision, avant qu’elles ne soient prises en charge par ceux d’entre nous dont les compétences médicales leur permettaient de pratiquer un avortement propre, dans le plus grand secret. Nous leur donnions du temps et parfois même, un peu d’argent pour rentrer chez elles.Certains d’entre nous ont été condamnés et nous étions tous dans les tribunaux, pour les soutenir. Nous avons accueilli la loi Veil, avec joie et beaucoup d’espérance.
    Depuis trente cinq ans, bientôt, nous avons déchanté face aux conditions d’application de cette loi : pas d’écoute, une culpabilisation constante et toujours un destin injuste pour de nombreuses femmes démunies et toujours à la merci de leurs maris et compagnons dont les comportements, alcoolisés ou non, semblent sortis du bestiaire assassin de Sade.Qu’ils sont stupides ces petits bourgeois incultes, des deux sexes, qui montrent du doigt ces jeunes filles qui « auraient du faire attention!!… à notre époque! ». Ne parlons pas de ces « chrétiens » qui font honte à la chrétienté en criant à l’assassinat.
    Vous avez raison, il faut, à nouveau se battre pour faire exister un droit qui est moins le droit à l’IVG que le droit des femmes à disposer d’elles mêmes.
    Merci Pooky ,
    Philippe.

    1. et puis il faut arrêter de réduire la femme qui a recours à l’avortement à une écervelée saute au paf…
      et laisser la liberté individuelle, d’autant que cela n’enlève rien aux autres
      peut être les toucher au compte en banque en argumentant des aides reçues par les mères célibataires et le coût d’une grossesse?

Chic ! Un message :)

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