Ma vie Mon oeuvre

Ecoutez d’où ma peine vient


La pensée du jour
« Est-ce que c’est long
Ou court la vie ?
Est-ce que c’est con ou lourd ? « 

Alain Souchon

L’humeur du jour
« T’as rien écrit ? Tu devrais écrire » me dit hier Blondie, devant mes yeux troublés et mon museau rougi.

Mais pour dire quoi ?
Que la mort du petit Omar m’a heurtée, vidée, choquée ?
Pourquoi écrire l’évidence ? Redire l’injuste, l’insensé, le « non sensé » ?
Répéter que la seule phrase qui tourne en boucle dans ma tête est « tout ça pour ça ? ».
Dire encore l’ironie de la vie, son incongruité parfois ?

Oui mais pas seulement.
Partager que son courage, son regard lumineux et sa petite main confiante m’ont donné envie de le rendre enfant gambadant et insouciant et non pas mort en sursis dans un fauteuil.
Admettre qu’en le rencontrant j’ai compris physiquement le manque d’enfant dans mon propre foyer.
Reconnaître ma rage et ma colère d’avoir ce projet bloqué pour des raisons qui ne sont pas de mon fait mais dans lesquelles j’ai eu la faiblesse de me laisser engluer.
Je dis « faiblesse » parce que je me suis laissée happer par des actes, des mots et des décisions qui ne correspondent pas à ma façon de vivre ou de penser.
Là où une chiquenaude aurait été nécessaire (le mot qui me vient est « dismiss »), j’ai tenté de tirer du sens.

A ne pas refaire.
On ne peut pas vivre dans la tête d’autrui. On ne peut pas lutter. On ne peut que se perdre dans des méandres qui ne sont pas les nôtres.

Un collègue, qui décidément me connait mal, évoquait dernièrement mon « plan de carrière ».
Je n’en ai pas. Je n’en ai jamais eu.
Pas plus que je n’ai de « plan de vie ».
Je ne sais déjà pas ce que je vais manger ce midi, alors…
Pourtant, quand je lis un livre,si le premier chapitre me plait,je regarde souvent les dernières pages . Pour me «préparer» à la fin.

Dans la vie, c’est pas possible.
Il faut accepter le suspense des jours.

«Est-ce que c’est long ou court la vie ?» et puis le «comment ça s’arrête ?».
Les deux grandes inconnues.

Je ne pense pas que la connaissance du scénario nous serait plus supportable que l’ignorance.

J’envisage la vie comme un voyage et je ne vois que deux façons possibles de le mener :
Avec itinéraire défini, un bis de secours et des listes « to do ».
Un trip rassurant : travail, mariage, maison, enfants, chien puis retraite. Pas (trop) de surprises et un timing à respecter.

ou
Avec bohémitude, en mode équilibriste, en gardant au cœur la confiance dans l’ordre des choses, en vivant l’instant parce que rien ne garantit celui d’après.
Un métier, des activités qui me passionnent, des chats, de l’amour.
Voilà.
Moins secure ou conventionnel. Plus fatigant parfois…

Alors oui, j’ai 43 ans moins 6 jours et je n’ai pas (encore) d’enfant ;
Oui, ça oppresse suffisamment fort au bureau pour que j’utilise temporairement une béquille chimique ;
Oui, j’ai eu l’impression de passer dans une machine à laver les émotions plus souvent que nécessaire dernièrement.

Et non, je ne sais pas où je vais.

Mais je sais qui je suis.

Le cadeau du jour

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4 réflexions au sujet de « Ecoutez d’où ma peine vient »

  1. Je partage ton chagrin, en effet il n’y a pas beaucoup de choses à dire devant des drames comme celui-ci, les choses injustes font aussi partie de la vie.

    Moi non plus je ne sais pas où je vais et ça m’angoisse souvent, mais je ne changerais rien si c’était à refaire, je préfère me promener dans des chemins croisés, tordus qui se perdent dans les bois que d’avoir une longue autoroute toute tracée.
    Aimons la vie et les gens fous qui la vivent..

    Bisous, ton baleino qui a de la chance de t’avoir comme marâtre

  2. Très émue par ton post, ma chère Pooky. Que dire, sinon que je suis de tout cœur avec toi, que je partage ton chagrin et tes interrogations.
    Je te vois mal dans le premier scénario, celui de vivre « en mode équilibriste, en gardant au cœur la confiance dans l’ordre des choses, en vivant l’instant parce que rien ne garantit celui d’après » est certes, plus fatiguant mais tellement plein de sens. Celui que tu as perdu temporairement.
    Je te fais confiance pour le retrouver, même si « passer à la machine aux l’émotions » lessive, ça lave aussi…
    Puisque tu sais qui tu es, la Vie te montrera le chemin.
    Toute ma tendresse et tien le coup, ma douce chatte.

Chic ! Un message :)

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