Et je pèse mes mots...

(S)Top Chef


La pensée du jour
La gastronomie est une profession de foie
Paul Carvel

L’humeur du jour
Je me suis fait un goûtu Poisson d’Avril hier : un diner gastronomique au menu imposé.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, la liste des aliments que je n’apprécie pas est aussi longue que la Muraille de Chine et l’idée même de me faire manger «entrée plat dessert» tient de la gageure, surtout le soir. Mais puisque j’avais reçu en cadeau un week-end « Relais Château et son diner raffiné », je suis partie le cœur joyeux et le ventre (a)vide.

J’aime le chic des 4 étoiles. Il y a quelque chose d’intemporel dans ces cadres feutrés… Musique d’ambiance, moquette épaisse, lustres, argenterie, éclairage discret, le cérémonial du service…
Une chose a changé cependant : ce qu’on trouve dans les assiettes lorsque le serveur soulève la cloche.

Commençons par l’apéritif.
Pour accompagner mon Bourgogne aligoté, exit les feuilletés ou canapés, la mode est au moléculaire : émulsion blanche large comme mon ongle de pouce, surmontée d’une feuille de cerfeuil, un centimètre carré de saumon enrobé d’une lanière de concombre et une mystérieuse verrine au contenu rose.
Je ne saurai jamais ce que j’ai ingéré mais c’était bon.

En entrée, foie gras revisité par une pomme audacieuse. Et sa bave de sel.
On dirait qu’un cuistot épileptique a laissé s’échapper une écume salée sur ma tranchette.

Quatre gouttes rouges ponctuent le tout.
Ici, tout plat est une œuvre et l’artiste la signe.

Arrive – Normandie oblige – un « granité de pomme et son cours sur l’origine de la granny smith » et une conclusion un peu hâtive « même ici les pommes sont anglaises ».

Suit le plat principal.
En voyant la large cloche argentée, je réprime un rire : il y a de l’écho là-dessous…
Le serveur la soulève et effectivement, ça nourrit sa femme, mais pas son homme !
Au menu, volaille bio « de la ferme Machin », cuisson double pour préserver sa tendreté et son mille cinq-feuille de… pomme et navet. «Le fruit permet d’éliminer l’amertume du navet» nous informe le serveur. « Heureusement ! » ne puis-je m’empêcher.
Oui, heureusement parce que je n’aime pas les navets.
Heureusement encore, parce que la mousse posée à côté du morceau de pintade rosée, c’est une émulsion « pomme/navet.
Et bien sûr, quatre gouttes de pistou bordent l’assiette.

Enfin le dessert.
Une émulsion de citron, sur une meringue explosée reconstituée au citron, son cœur de crème de citron. Et ses quatre gouttes de citron adouci au miel.
Faut aimer le citron.
J’aime pas le citron…

La gastronomie sous cloche, c’est un peu comme la lingerie : le prix est inversement proportionnel à la quantité, mais c’est joli à regarder.

Le cadeau du jour
Je n’allais quand même pas y aller seule 😉

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6 réflexions au sujet de « (S)Top Chef »

  1. Voilà une chatte bien gourmet et si raffinée…
    Merci de le partager…
    PS. J’ai essayé de faire un article sur Marcel Rufo mais pas assez d’éléments, juste ses vidéos sur France 5 que tu connais sûrement.
    Belle soirée.

  2. énorme cette photo ! c’est une vraie photo de famille 😀
    comme Arthé, j’espère que le reste du week-end vous a plu et que vous avez bien profité de votre chambre de relais-châtelains 🙂

Chic ! Un message :)

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