Et je pèse mes mots...

C’est avec son passé qu’on fait son avenir


La pensée du jour
L’apparence n’est rien; c’est au fond du cœur qu’est la plaie.

Euripide

L’humeur du jour
A ce jour, je n’ai rencontré que très peu d’adultes qui en évoquant leur enfance confiaient « avoir reçu exactement l’amour dont ils avaient besoin ».

Que ce soit en termes de quantité ou de forme, beaucoup évoquent un manque, une attente, un regret, une inadéquation comme si au sortir de la période bénie «fusionnelle» une sorte de malentendu s’était installé entre les parents et leur progéniture.

Cette constatation, loin de me rendre défaitiste sur ma propension à transmettre à mon tour « au mieux » à mes marmots potentiels m’a aidée à  « faire passer mon passé »  pour reprendre l’expression d’une amie.
C’est plutôt encourageant, non? Simplement écouter les autres, constater ainsi la banalité (relative) de leurs ressentis permet dans un premier temps de se décentrer de son nombril, puis rapidement de se défaire des attentes qui peuvent avoir subsisté et enfin de ne plus souffrir des « manquements » qu’on impute à ses parents (en tant que « papa » et « maman » et « duo parental »).
 

Pour certains, ça peut suffire, mais on peut aussi compléter la réflexion grâce à un Dr Elby moins fantaisiste que le psy de Sue Ellen (et mieux habillé, parce que là, vraiment, il aurait fallu faire quelque chose !)

A chacun son histoire et ses raisons, mais au final toujours cette plaie ouverte par la non-inconditionnalité de l’amour parental ressentie durant les périodes si vulnérables de la construction de soi.

C’est la combinaison de tout cela qui m’a permis de comprendre qu’on pouvait accepter le parent en dépit de ses limites, voire en les intégrant et que cette acceptation pouvait même s’apparenter à de l’amour. Et le bonus dans tout ça?  Eviter l’écueil de l’obsession d’apporter à ses enfants « ce qu’on n’a pas eu soi-même ». Car enfin, donner à Pierre le manteau dont on a toujours rêvé de nous apportera jamais à nous le-dit manteau et Pierre pourrait même en vouloir un très différent… A méditer.

Comme quoi, il y a de l’espoir pour tous ceux qui nourrissent encore à l’âge adulte des regrets d’enfance avec la même assiduité que mettait Sisyphe à pousser son rocher, mais avec cette fois une vraie possibilité d’atteindre le but.

Le choix des mots qu’on utilise n’est jamais anodin et à l’expression « faire passer son passé », à laquelle j’associe notamment une notion d’extermination (ne fait-on pas passer un enfant non voulu?), je préfère celle de faire la paix avec les attentes du passé, synonyme de liberté.

Le cadeau du jour

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7 réflexions au sujet de « C’est avec son passé qu’on fait son avenir »

  1. Lirais-tu dans les pensées ou t’inviterais-tu en cachette chez ma psy durant mes séances ? Ma dernière notamment où il a été question de mon incapacité à tolérer mes parents comme ils sont, à être ( toujours ) agacée par ce qu’ils disent, ce qu’ils sont, même si je n’attends plus rien et que je sais qu’ils ne changeront jamais.
    ça fait des années que je travaille sur moi pour ne plus souffrir à cause d’eux, me blinder, mais je crois que je fais fausse route, que les sentiments – déstabilisants parfois – sont normaux, et si c’est ce qui fait de moi une humaine, alors ce n’est pas si terrible que ça. Je n’ai plus envie de courir après un truc qui serait de l’ordre du mythe : distance psychique, pardon, amour de l’autre quel qu’il soit …
    Je ne suis pas le Dalai Lama, j’ai mes faiblesses et voilà tout. Il y aura toujours la petite fille en moi qui sera triste de ne pas avoir reçu l’amour qu’elle méritait. Il y aura toujours la jeune femme en moi qui sera peinée de ne pas pouvoir avoir une discussion paisible, d’égal à égal avec ses parents.
    On ne fais pas passer son passé. JAMAIS ! La blessure est toujours là. Sous forme de cicatrice. On essaye qu’elle soit moins vive, qu’elle cicatrise et qu’elle ne se rouvre pas. Il faut apprendre à vivre avec. S’apporter soi-même l’amour que l’on a pas eu. Bref, le boulot que les parents devaient faire, on le fait à leur place.
    C’est à moi de ne plus morfler à cause d’eux ! De toute façon, ils n’en valent pas la peine.
    A moi de ne plus me perdre narcissiquement parce que mes parents ne sont pas d’accord avec mes choix, tout ce que j’entreprends est nul et n’aboutira pas, pas d’encouragement à attendre de leur part.
    Dans mon cas, mes parents sont toxiques et je suis obligée de rester sur mes gardes et de tenir la distance. Il ne m’aime pas comme je suis et la réciproque est aussi vraie. C’est ainsi ! On n’est pas obligés d’aimer ses parents sous prétexte qu’on leur doit la vie. On n’a aucun compte à leur rendre.
    Après, c’est à nous d’essayer d’être de suffisamment bon parent et de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Des erreurs, on en fait toujours, mais au moins revenir dessus, communiquer, s’excuser sincèrement.

    Je trouve ça rudement merveilleux ce que tu dis, aimer son parent tel qu’il est. Mais c’est un truc qui ne doit pas être accessible à tous. Pas à moi en tout cas. Et sans doute ne le désirés-je pas. Je veux juste que mes parents me fichent la paix, et que je réalise ma vie à mon goût.
    Ne pas leur pardonner ne me rend pas aigrie, ni envers la vie, ni envers les gens ( ça dépend lesquels ) donc pour moi il n’y a aucun problème avec ça.

    Ce qui me désole c’est que cette histoire se répète à l’infini, que ça arrive à d’autre. Il semblerait que pas une seule personne n’ait eu une enfance heureuse avec leurs parents. Je trouve ça cruel. Qui d’autre qu’un père ou une mère pour apporter ce dont un enfant a besoin ? Quoi d’autre que leur amour pour qu’il grandisse et s’épanouisse ? Comme si ce statut de « père » ou « mère » faussait tout dès le départ.

  2. tu peux aussi te dire qu’ils n’ont pas choisi d’être ce qu ils sont. comme nous.
    et que tout le monde n’a pas la volonté, le goût, le besoin, la nécessité ou simplement (et de manière plus vraie) l’envie de faire un travail sur soi.
    ta liberté sera acquise le jour où ce ne sera plus un jugement mais un avis ou un regard que tu porteras sur eux…

  3. En fait, le « passé qui ne passe pas » est une expression de deux historiens sur la période de Vichy. Sur les résurgences mémorielles liées au fait que cette période ne « passe » pas.
    J’aime cette expression parce que pour moi, ce qui ne « passe » pas c’est quand on avale de travers, quand on n’arrive pas à la digérer. Et faire du passé ce qu’il est : le passé.

  4. je t’ai répondu sur le Coussin, Colombe. mais pour résumer ici, je comprends pourquoi tu utilises cette expression.l mais cette « sensation » n’est pas vraie pour tout le monde
    certains voudront « faire passer », d’autres « oublier », d’autres « réinventer » etc.
    ce qui compte est d’abord la vérité du ressenti et d’accepter que ce n’est que cela : un ressenti, une vérité non globale mais personnelle
    c’est vraiment un domaine où chacun aura la sienne
    le choix des mots indique simplement où elle se situe

    Sam, me permets tu de réagir à ton comm ou préfères tu un mail perso?

  5. Moi aussi je préfère l’expression « faire la paix » ou encore « se (ré)concilier », « apprendre à vivre avec », « apprivoiser »… C’est un lent travail de construction mais ça en vaut la peine, j’en suis convaincue.

Chic ! Un message :)

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